Ca ne fait pas très longtemps que cette femme de 54 ans traîne ses sandales dans le milieu politique. D’ailleurs, elle se définit plus comme une militante que comme une femme politique. Depuis 2020, elle est dans l’opposition à la municipalité d’Issoire. Mais, avant cela, elle a vécu une vie de femme que l’existence a suffisamment bousculée pour avoir envie d’agir. « Je suis née à Issoire, j’ai fait des études à Clermont. je suis partie à Paris, Nice, puis en 2010, je suis revenue à Issoire, accompagner ma mère dans sa maladie. »
la politique, comme parcours de vie
Elle découvre alors, qu’il manque cruellement des lits de soins palliatifs. « A l’époque, il n’y en avait que 12 sur toute l’Auvergne. Pourtant, c’est une véritable nécessité que cet accompagnement de fin de vie. » Car, très tôt, elle comprend que sa maman, atteinte d’une tumeur au cerveau va partir, et qu’elle ne pourra la garder chez elle. Alors qu’on lui prédit une mort dans les 6 mois à venir, elle vivra 7 ans. « Le dernier mois elle a eu une place en soins palliatifs et nous l’avons entendue chanter. C’était merveilleux. Tout le monde devrait avoir une place dans ce genre de centre. »
Valérie commence à s’interroger sur l’état de santé de l’hôpital, des manques de moyens. Puis, elle tire le fil « Je me dis, mais l’école c’est pareil, et tous ces gens qui souffrent. Bref, je me dis, que nous méritons une meilleure société, alors je me crie à moi-même : Engage-toi ! »
Conseillère municipale à Issoire
Fin 2016, elle commence à rencontrer des gens. « Je suis tombée sur des copines de gauche qui m’ont accompagnée. En 2012, déjà, des potes me parlaient de Mélenchon. Mais, je ne m’intéressais guère à la politique, même si j’ai toujours voté à gauche, ou ce que je croyais être à gauche. »
En 2017, alors, elle décide de se plonger dans les présidentielles pour la France Insoumise. Puis, elle soutient Catherine Mollet pour les législatives suivantes. Elle devient vite animatrice de groupes d’actions.
En 2020, elle s’investit dans les municipales. « On a fait un programme commun avec l’autre groupe de gauche, on était d’accord sur beaucoup de points. On créait une dynamique novatrice sur Issoire, en appliquant une démocratie participative, sans chef, sans tête de liste. Je crois qu’on était trop novateurs pour gagner. » Elle est élue, aux côtés de son acolyte Philippe Laville, dans l’opposition.
Femme indépendante
Valérie garde son indépendance. « Je peux être la seule à voter contre l’allocation des fonds publics pour les écoles privées, car pour moi ce n’est pas l’égalité républicaine, même si c’est la loi. »
Elle apprend un peu mieux la politique dans ce rôle de conseillère municipale. « J’ai appris à prendre la parole, et puis tu apprends certains mécanismes, des notions sur la finance, comment ça marche. »
Politique citoyenne et participative
D’ailleurs, elle aimerait que les citoyens soient plus intéressés par la politique, « même si ce n’est pas leur faute, on fait tout pour garder tout cela très éloigné d’eux« . Selon elle, il est important que les gens prennent conscience des difficultés de la gestion d’une ville, mais aussi de leurs droits. « Que l’on bafoue sans complexe. »
Parfois, elle arrive à de petites victoires, comme lorsqu’elle parvient, lors d’une exposition sur l’habitat à faire parler des SDF. « Les logements vides en France, le droit au logement c’est très politique tout ça. Il y a des solutions, comme à Marinaleda en Espagne, ce village en auto-gestion. »
l’école des Gilets Jaunes
Mais la formation politique de Valérie s’est construite surtout aux abords des ronds-points. Elle y va, par curiosité d’abord, et parce qu’elle sait ce que c’est que de galérer en fin de mois. Elle y rencontre Alain Bidet (qui est son suppléant pour les législatives). « Les Gilets Jaunes c’est un mouvement populaire qui a mis en lumière la paupérisation du peuple, et qui leur permettait de retrouver leur dignité. mais dans ce mouvement, il fallait débunker les relans d’extrême-droite. On a donné des cours sur les fiches de paie. Ce mouvement c’était un formidable atelier d’éducation populaire et politique. »
Aller à la rencontre des gens, écouter leur misère, les problèmes de fin de mois, Valérie en fait son quotidien. La politique sur le terrain devient son travail à temps plein. En 2022, elle milite pour Melenchon. « Le soir du 2eme tour a été compliqué mais très vite, j’ai su qu’il y aurait un troisième tour avec les législatives. Le lendemain matin, j’étais repartie au combat. En fait, il faut rassurer les gens fâchés. Je comprends la colère qui gronde. Il faut juste qu’elle ne se transforme pas en haine. »
Devenir députée
Les législatives lancées, la voilà mise au premier plan avec la constitution de la NUPES. « Tout le monde est derrière cette intention. Tout le monde joue le jeu de l’union. la FI fait campagne pour les candidats des autres gauches et vice-versa. »
Sur la 4eme circonscription, Valérie croit fort en la victoire. « C’est le seul choix possible, nous proposons une véritable alternative. »
Pour cette maman d’un fils de 22 ans, désormais autonome « il a une voiture, et un CDI » , follement amoureuse de son « homme », « être élue ça changerait ma vie, mais tout le monde à mes côtés en est conscient. Je suis rassurée de ce côté-là ».
En cas de victoire, Valérie a mille projets, d’abord celui de partager son expérience. « Je justifierai chacun de mes votes, mon temps de présence à l’hémicycle. Alain, mon binôme restera en circonscription, et nous continuerons d’animer la politique locale avec une véritable assemblée composée de militants, syndicalistes, et citoyens. »
Le droit de mourir dans la dignité
Pour Valérie, le tout est d’être soudés « On lutte contre le capitalisme, on forme un bloc, il faut mobiliser les gens. Il faut raccrocher les gens qui s’alarment, faire des ateliers de loi, travailler à la 6eme république, et puis soutenir les luttes locales. »
Valérie le répète, pour gouverner, on a besoin du soutien de la mobilisation sociale et écologique Prendre en compte les initiatives sur le territoire. « Il faut lutter contre l’extrême-droite, et contre la société actuelle, c’est un non-sens de continuer dans cette voie, dans ce monde capitaliste, avec des ressources finies. »
Bien sûr, Valérie se battra pour le droit de mourir dans la dignité. « Je voudrais que personne n’entende plus jamais le râle agonique. C’est odieux à vivre. Il faut prendre en compte le désespoir des gens. » Valérie a perdu son père alors qu’il n’avait que 43 ans. Sa mère est tombée malade en arrivant à la retraite.
« Ca aussi, c’est un combat, cette retraite à 65 ans. C’est une horreur. Notre vie ne sert donc qu’à être rentable? En fait, je m’attaquerai à tout ce qui peut rendre la dignité au genre humain, aux jeunes, comme aux personnes âgées. Il faut assurer les besoins primaires de chacun. »
Valérie fume une cigarette, au soleil en terrasse. Elle a pris soin d’acheter des croissants. Partage. S’intéresse. « Les médias indépendants, ça se passe comment ? » Elle se confie sur l’amour, la vie, la famille. Elle a un autre rendez-vous après le nôtre. On a oublié qu’on était en interview. On a déploré le monde, entre femmes.
Le rire de Valérie inonde la terrasse. Elle va être en retard, nous aussi. Et, on se dit en partant, que la politique, ça paraît pas mal quand elle est portée par une femme du peuple.
4 réflexions sur “Valérie Goléo, en lice pour les législatives.”
quel beau portrait. merci a vous 2 valerie et eloise josette
Qui sont tes soutiens ?
Pourquoi avoir mis le portrait de Melenchon sur ta feuille ? C’est un épouvantail ,il fait fuir tous les vieux socialos comme moi,grossière erreur…si tu avais mis Glucksmann,c’était mille fois mieux….j’avoue être dubitatif ,n’oublie-pas c’est que disait Mitterrand « Melenchon ?…..quel talent !…quel gâchis.!!) il n’a pas changé,il fait un truc bien…le lendemain,il casse tout.j’avoue hésiter…j’ai mas carte au PS depuis 76 et là je suis bloqué…c’est la première fois….
Modération ?….
Je viens d’envoyer un commentaire….qu’en avez-vous fait ? Vous me renvoyez un mot « en attente de modération…je n’ai pas été agressif du tout,j’ai donné un conseil de vieux socialiste…je regrette la photo de Melenchon sur la feuille,c’est une grossière erreur.il fait perdre des vois à la gauche….c’est grave de dire ça ?