Manifestation contre la loi sur la sécurité globale : « On a réuni 1500 personnes en quelques jours… »

Samedi 28 novembre, une manifestation était organisée à Clermont-Ferrand, par de nombreux collectifs, associations et syndicats. 1500 personnes se sont réunies au pied de la préfecture, avant de faire une marche autour de la place de Jaude.

Il y a des journalistes, des militants, des citoyens sans étiquette, et des enfants. Tout le monde est concerné par la loi sur la sécurité globale. Caméras envahissant l’espace public. Mais interdiction de prendre en photo les policiers si cela leur porte préjudice. Elise du Collectif Wissam n’a pas pu résister à l’idée d’organiser le rassemblement clermontois, accompagnée de syndicats tels que Solidaires, la CGT Educ’Action ou l’UNEF.

Mais aussi d’associations comme La Ligue des Droits de l’Homme, Libre-pensée. Le Club de la presse est aussi présent, tout comme Osez le Féminisme, ou France-Palestine 63. Chacun y va de son discours, étonné d’avoir rassemblé en si peu de temps autant de monde. « De nouvelles têtes apparaissent, c’est plutôt un bon signe, car les confinements auraient pu ralentir les mobilisations » s’enthousiasme un militant aguerri.

Effectivement, on aperçoit dans le cortège, des familles, des étudiants, des personnes âgées. Tous sont masqués. Mais tous brandissent le poing lorsqu’il s’agit de scander les slogans. « Pas de Justice, pas de paix » lance la famille de Wissam, décédé après une arrestation policière musclée. Les circonstances de sa mort n’ont toujours pas été établies, depuis 9 ans…Sa soeur explique : « Il faut sortir les téléphones, il faut filmer, si un témoin avait pu filmer la scène, on saurait exactement le calvaire que mon frère a vécu. On pourrait condamner sans détour les policiers qui l’ont assassiné. Concernant le producteur de musique qui a été frappé par les policiers, sans vidéo, jamais on n’aurait cru sa version. » Pour tous les gens rassemblés ce samedi matin-là, aucun doute que cet article de loi ne peut passer. « On n’arrive même pas à comprendre comment on peut inventer une telle loi, sauf quand on sait que celui qui l’a proposé est un ancien chef du Raid » raconte un manifestant. « On a réussi à rassembler 1500 personnes en quelques jours à peine sur cette question. Même les gens qui ne militent pas normalement se sentent concernés par cette attaque à notre démocratie. » Poursuit un jeune syndicaliste.

De nombreux collectifs se sont rejoints. Parmi eux, syndicats, mais aussi partis politiques : La France Insoumise, l’Union Communiste Libertaire. Les militants de Greenpeace ont revêtu leur chasuble verte. Une passante demande pourquoi les gens se sont réunis, alors qu’on lui fournit la réponse, elle acquiesce : « Alors, ça c’est une vraie raison de se battre, je suis de droite, mais je soutiens ce mouvement, on ne peut pas laisser toute impunité aux forces de l’ordre. On découvre trop de bavures policières, non ? » interroge-t-elle avec conviction. Dans un sourire, les manifestants l’invitent à rejoindre le cortège, « D’accord, mais pas longtemps, j’ai pas mon attestation » déclare la vieille dame avec un sourire malicieux. Avant de s’élancer autour de la place de Jaude, les organisations s’égosillent dans le micro pour rappeler que samedi 5 décembre, un nouveau rassemblement est prévu à 15H pour lutter « contre les lois liberticides. »

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