Aujourd’hui c’est la journée internationale de lutte pour les droits de la femme. Et même si de nombreuses luttes ont été évoquées, le collectif « 8 mars toute l’année » a voulu dénoncer en particulier le sexisme au travail.
Une inégalité de droits
« L’écart de salaire aujourd’hui en France entre un homme et une femme est de 23%. Cela représente au final un manque à gagner de 43% pour la retraite des femmes, comparé à celle des hommes ! Chaque jour, c’est 2.5 milliards d’heures qui ne sont pas rémunérées pour les femmes dans le monde » scande un militant de la Ligue des Droits de l’Homme. Pour le collectif, la casse du travail entraîne aussi des accords branche par branche, « où l’on va devoir chacun de notre côté négocier nos droits. Ce ne sont plus des droits reconnus comme universels au sein de tous les secteurs. Et les grandes perdantes sont encore les femmes puisque on ne va pas valoriser l’égalité homme-femme dans ces accords uniques pour chaque secteur. On veut des outils opérants pour permettre cette égalité » explique une militante.

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Un mécanisme de société patriarcal
Pour les féministes, on a éduqué les femmes dès leur plus jeune âge à correspondre à un stéréotype de douceur, de gentillesse, de pudeur. Comme on les représente ainsi, on les destine aussi à des métiers « doux », qui relève de la « sensibilité ». Ce sont aussi des métiers bien souvent dévalorisés et précaires. Le premier exemple cité sont les infirmières, en première ligne durant la pandémie. Elles ont été applaudies pendant le confinement mais sans aucune valorisation de leurs conditions de travail par la suite. « On voit bien qu’aujourd’hui on ne destine pas les femmes à être des cadres par exemple. Ce n’est pas un métier où on peut être « doux » donc ce n’est pas pour les femmes » dénonce une militante, montrant un mécanisme de société bien ancré.

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Des violences sexistes
L’inégalité au travail ne se fait pas qu’au niveau des droits, des salaires ou des stéréotypes qu’on accorde à la personnalité des femmes. Les femmes subissent aussi des violences sexistes et sexuelles au travail. « Aujourd’hui 80% des femmes sont victimes de sexisme au travail, 30% subissent du harcèlement sexuel. Chaque jour, c’est 10 viols ou tentatives de viols qui se déroulent sur le lieu de travail » expose le collectif. Certaines femmes sur place témoignent de ce sexisme et de ces violences : « Je travaillais à l’hôpital. Ça s’est produit alors qu’un jeune cadre venait d’arriver. J’étais là depuis bien plus longtemps que les autres et je suis partie bien après. Il m’a quand même fait comprendre que je ne méritais pas mon poste, que je n’étais pas à la hauteur de mon travail. » raconte Myriam. Laure explique que sa sœur n’était pas prise au sérieux. On ne voulait pas l’augmenter car elle allait avoir un enfant. « On lui a dit que son poste demandait de trop grandes responsabilités pour elle ». Juste à côté, son amie Elsa ajoute : « Lorsque j’étais caissière, de nombreux clients masculins m’ont fait des allusions sexuelles. Ils me draguaient lourdement et c’était très pénible ».

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Une colère
Pour ces femmes, ces discriminations et remarques constantes les mettent en colère : « On est en 2021 et se dire que ces remarques sexistes, dites sans aucune gêne, existent encore dans un pays de droit et d’égalité… Ben ça montre qu’on n’est pas dans un état de droit et d’égalité! Et le pire c’est que c’est normal pour la société, cette infériorité de la femme. C’est une question d’éducation, c’est même pas l’homme en lui-même mais bien le patriarcat qui formate les gens » exprime Myriam.
Mais malgré l’appel du collectif, peu de femmes dans la foule ont osé faire grève aujourd’hui. « Non, je n’ai pas fait grève, mais j’ai demandé à sortir avant pour venir à la manifestation et mon patron a accepté » explique Agathe. « Je ne fais pas grève, mais depuis des années, je prends mes congés payés pour le 8 mars et toute la semaine ! » s’enthousiasme Myriam.

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Pour l’ensemble des manifestantes, une chose est sûre : cette journée leur permet de se montrer, d’exister, de relier les femmes du monde entier à travers tout ce qu’elles ont vécu, de montrer que leurs revendications ne sont pas sorties de nulle part. Mais pour elles, la solution aux violences que subissent les femmes sera toujours l’éducation. « C’est traiter le problème à la source. Et les clés sont dans nos mains car nous sommes aussi mères. Nous devons éduquer nos enfants pour réduire ces inégalités. Même si nous aussi, nous avons été éduquées et formatées dans un système patriarcal. On doit faire attention à ne pas reproduire ça » conclut Myriam.