À Clermont-Ferrand, des établissements dans l’angle mort

Pour la première fois en 2022, l’IPS (Indice de Position Sociale) a été rendu public. Il révèle les fortes disparités sociales qui existent entre établissements français. Dans l’Académie de Clermont-Ferrand, plusieurs écoles accueillent un public pouvant être reconnu REP+ mais restent orphelines de cette politique prioritaire.

Il a beaucoup fait parler de lui au moment de la rentrée scolaire : c’est l’IPS ou Indice de Position Sociale. Cet outil permet d’évaluer la situation sociale des élèves dans les écoles, collèges et lycées du pays. Et il montre de fortes disparités et des situations préoccupantes.

Dis-moi qui sont tes parents, je te dirai qui tu es

2016 : la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale veut en savoir plus sur les milieux sociaux, économiques et culturels des élèves. L’IPS est né. Son meilleur indicateur, ce sont les catégories socioprofessionnelles des parents. Que font-ils dans la vie ? Si de très nombreux critères sont utilisés, ces derniers sont regroupés sous cinq grandes catégories :

  • Les diplômes des parents ; les conditions matérielles (revenus, logement, accès à du matériel éducatif…) ; le capital culturel (nombre de livres dans le foyer, temps passé devant la télévision, etc.) ; l’ambition et l’implication (de l’élève et de ses parents) ; les pratiques culturelles (activités extrascolaires, fréquentation de cinémas, musées…).

L’IPS permet de mieux cerner les populations scolaires. Si pour la première fois, l’outil et ses chiffres sont rendus publics, le résultat, sans surprise, témoigne d’écarts importants.

Une bataille pour la transparence

Commençons par les écoles élémentaires. L’indice moyen, pour le public et le privé est, en 2021-2022, de 102,7. Mais selon les territoires, il varie fortement. Près de 20% des écoles en France ont un IPS inférieur à 90 et certains territoires concentrent les inégalités beaucoup plus que d’autres. En Métropole, c’est la Seine-Saint-Denis qui détient le record, avec 61% des écoles élémentaires en deçà d’un IPS de 90. Viennent ensuite les départements du nord de la France avec près de 40% en dessous de 90.

Pour les collèges, c’est également le Pas-de-Calais qui détient le triste record, suivi de près par les Bouches-du-Rhône. Mais un autre constat est criant : celui que les établissements privés concentrent les familles les plus favorisées.

Jusqu’à présent, le gouvernement a toujours refusé de dévoiler les chiffres de l’IPS. Mais après une longue bataille devant le tribunal administratif, le ministère de l’Education nationale a été contraint de publier l’indice sociale des écoles et collèges. Des données qui mettent en lumière de fortes inégalités mais aussi certaines aberrations du système scolaire français.

Le problème des écoles orphelines

Dans Le Puy-de-Dôme, 39 écoles ont un IPS inférieur à 90 soit 11%. Mais un autre problème guette. Isabelle Roussy, Co-secréatire du SNUipp-FSU nous l’explique. « Le collège Gérard Philippe et a un indice autour de 70 donc en-dessous d’Albert Camus qui lui, est en REP+. Le premier établissement n’est pas classé ». Cette absence de reconnaissance et donc d’attribution de la politique prioritaire conduisent à une aggravation de la situation. « Les effectifs sont surchargés alors que ces établissements accueillent des élèves allophones et des primo-arrivants. Ça appuie les difficultés scolaires et les difficultés face au langage. », précise cette dernière.

Récemment, une journaliste du Monde est venue à Clermont. Elle apprend que Gérard Philippe fait partie des collèges non classés REP+ les plus pauvres de France. Pourtant, cette attribution est faite par le ministère directement. « Mais avec le Covid, l’IPS n’a pas été revu depuis des années. », se désole Isabelle Roussy. Elle et ses collègues n’ont pas attendu le classement pour s’emparer de cette question et ont déjà porté des réclamations plusieurs fois au rectorat.

Si les collèges subissent cet angle mort, automatiquement, les écoles élémentaires en souffrent aussi. En effet, les primaires et maternelles rattachées à un collège de secteur qui ne bénéficie pas de la REP+ ne peuvent pas en bénéficier non plus. À Clermont, c’est le cas pour les écoles Jules Michelet, Ferdinand Buisson et Chanteranne). On les appelle les écoles orphelines. « Par exemple, sans la REP+, les grandes sections ne peuvent pas profiter du dédoublements de leur classe. », indique la syndicaliste. Cette dernière souhaite que le ministère revoie rapidement les choses. Une réétude devrait avoir lieu en 2023.

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1 réflexion sur “À Clermont-Ferrand, des établissements dans l’angle mort”

  1. Bonjour
    Une information erronée dans cet article : le collège La Charme est bien classé en Rep+, contrairement à ce qui est écrit.
    (Isabelle Roussy, Co-secréatire du SNUipp-FSU nous l’explique. « Les collèges Gérard Philippe et La Charme ont un indice autour de 70 donc en-dessous d’Albert Camus qui lui, est en REP+. Les deux premiers établissements ne sont pas classés »).
    Bien cordialement
    Le service communication du rectorat

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