L’Association de citoyens contre les déserts médicaux saisit le Conseil d’État

Désert médical
Le 21 avril dernier, sans réponse à un courrier envoyé à Jean Castex, l'Association de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM) a déposé un recours au Conseil d'Etat pour obliger le gouvernement à prendre des mesures contre les déserts médicaux.

L’ACCDM lutte pour que le droit constitutionnel à la santé soit appliqué de façon égalitaire pour tous les citoyens sur l’ensemble du territoire national. Elle dénonce une mauvaise répartition des médecins dans le pays, réduisant l’espérance de vie de certains habitants.

Un droit constitutionnel non respecté

L’association s’appuie, dans son recours, sur l’alinéa 11 du Préambule de la Constitution : « La Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs « .

Pour Laure Artru, vice-présidente de l’association, ce droit constitutionnel manque aujourd’hui à 9 millions de français. « Entre 6 et 12% de la population vit dans un désert médical. Pour nous, on se situe dans un désert médical quand on n’a pas accès à un médecin traitant. Sans lui, vous ne faites rien. Il coordonne les soins, fait de la prévention, dépiste des maladies et redirige vers les spécialistes. »

Pour l’association, cette inégalité d’accès aux soins devient aussi une inégalité de charge : « On paye tous des cotisations sociales mais on n’a pas tous accès aux mêmes soins et suivis. »

Des inégalités face aux soins

Pour l’association, le problème ne concerne pas le nombre de médecins mais leur répartition sur le territoire. « On a 300 000 médecins en France. Sauf qu’il y a des régions sur-dotées et d’autres sous-dotées, souvent les périphéries des grandes villes ou les campagnes. » explique Laure. « Sur la Côte-d’Azur, on a 1 médecin pour 400 habitants. A Saint-Eloy-les-Mines, on en a 1 pour 3800 » déplore Isabelle Lepine, responsable de l’antenne de l’Allier.

Cette mauvaise répartition rend l’accessibilité aux soins inégale. « Dans les régions sur-dotées, les patients peuvent faire 3 scanners dans l’année. Dans les autres, il faut parfois attendre un an pour en faire un. » poursuit Isabelle. « Ça provoque un défaut de soins. Sans la prévention et le dépistage par un médecin traitant, on ne détecte pas les maladies. Les hommes installés dans les déserts médicaux vivent 2 à 3 ans de moins que la moyenne, un peu moins pour les femmes. » ajoute Laure Artu. « Je suis médecin spécialiste, et tous les jours je vois des gens qui n’ont pas été suivis et soignés. Je sais qu’ils vont mourir de pathologies qui auraient pu être détectées bien avant. »

Une réorganisation des médecins demandée

L’association propose donc, pour les jeunes médecins sortant de l’académie, d’établir une période d’affectation obligatoire dans les déserts médicaux. « L’Ordre des Médecins laisse le médecin travailler où il veut, quand il veut. Certains font des remplacements un jour par semaine et sont bien payés. Donc on veut créer un genre de service civique, de deux ou trois ans. Il faut remettre le patient au centre de la médecine et rappeler que c’est un métier de contraintes. » conclut Laure. Sur le long terme, l’association aimerait que l’Agence régionale de santé (ARS) crée, dans ces déserts médicaux, plus de maisons de santé pluridisciplinaires (soins primaires, pharmacies et spécialistes). Cela permettrait aussi d’attirer de nouveau les médecins dans ces zones sans les contraindre à le faire.

Retrouvez les actualités de l’association ici.

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