« La vraie crise, c’est celle de l’accueil »

Hier, juste avant les vacances scolaires, RESF et d'autres collectifs ont manifesté dans les rues de Clermont contre les menaces d'expulsion qui touchent des familles d'origines étrangères, notamment l'été. Si leurs demandes de dialogue se sont soldées par des fins de non recevoir de la part de la préfecture et du rectorat, les militants ne comptent rien lâcher.

Devant les écoles de Clermont et de la métropole, primaires ou maternelles, des rassemblements ont eu lieu toute l’année. Instits, parents, camarades de classe, associations et citoyens disent non aux expulsions de familles et d’enfants.

Ces dernières semaines, la lutte s’intensifiait avec près d’un rassemblement par jour. Au total, près d’une vingtaine d’élèves sont actuellement menacés par des expulsions dans les établissements scolaires à Clermont-Ferrand et autour. Sans oublier ces huit jeunes filles venues d’Afrique que l’ANRAS a déclaré majeures et qui ne peuvent donc pas être prises en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Ces dernières vivotent entre la rue, le 115 et les hébergements solidaires. RESF avait symboliquement occupé le proto-habitat de la Place de Jaude pour dénoncer la situation le 14 juin dernier.

S’en suivait une Semaine de la honte, organisée par le SAF (syndicat des avocats de France) dont des membres souhaitaient se mobiliser contre la politique de restriction des droits des personnes étrangères par le tribunal administratif. Hier, la mobilisation est encore montée d’un cran.

Pas une chaise vide à la rentrée

Hier, le départ était donné du rectorat de Clermont-Ferrand. À 17h30, des centaines de personnes ont battu le pavé, pancartes et mégaphones à la main. Le but : dénoncer la politique de la préfecture qui délivre les titres de séjour au compte-goutte, éternise le traitement des dossiers et distribue des OQTF à tour de bras. Surtout, la période estivale représente un moment où les autorités pratiquent les expulsions avec le sentiment que la contestation sociale sera moindre pendant les vacances scolaires. Ballainvilliers puis Desaix, la marche s’est justement arrêtée aux portes de la préfecture. Ici comme au rectorat, personne n’a donné suite aux demandes d’entretien formulées par les associations. Les participants montent sur les marches. Il y a des familles concernées par les OQTF et d’autres en soutien. Des profs, instits, le SAF, des partis politiques, associations, syndicats et simples citoyens.

« Le pays des Droits de l’Homme, ce n’est plus qu’une phrase »

Les prises de parole commencent. « Nous avons demandé une audience au recteur, on a eu une fin de non recevoir car c’est soi-disant une prérogative des préfets. C’est un mépris pour les copains avec qui on a joué et qui nous voient disparaitre un par un. Sachez que nous continuerons à agir. », a déclaré Roland, militant RESF.

« Ce sont les préfectures qui fabriquent les sans-papiers, ce n’est pas la faute des familles. Le pays des Droits de l’Homme n’est plus qu’une phrase. À l’heure où l’on essaie de diviser les humains, nous devons réaffirmer que oui, nous devons accueillir les personnes qui viennent chercher refuge. Nous sommes un pays riche mais on se met en difficulté en laissant des personnes à la rue. », expliquait la députée Marianne Maximi aux manifestants.

Le loup sort du bois

Alors qu’une nouvelle loi sur l’immigration est portée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, Les groupuscules d’extrême-droite pullulent et agissent avec toujours moins de complexes. De leur côté, les partis d’extrême-droite se nourrissent de l’actualité et Marine Le Pen attend bien sagement dans son coin.

En attendant, selon les informations actuelles, près d’une vingtaine d’enfants seraient menacés d’expulsion en tout. Deux au collège Trémonteix de Clermont, trois au collège Albert Camus de Clermont, une au lycée professionnel de Chamalières, deux enfants de la maternelle Jules Verne comme nous en parlons juste au-dessus, un élève de l’école primaire Ferdinand Buisson, les deux de l’école Nestor Peret, trois de l’école Jean Moulin donc, trois également à Victor Duruy, un à l’école Jules Ferry de Cébazat et un autre à l’école Alphonse Daudet.

Une nouvelle famille est dans cette situation. Celle de Faheem, qui vient du Pakistan. Depuis l’obtention de son doctorat d’économie à l’UCA, celui-ci n’a pas vu son titre de séjour renouvelé. Sa femme a reçu une OQTF. Ses deux enfants, scolarisés à Edgar Quinet et Jean-Philippe Rameau sont ainsi également menacés.

Une pétition en ligne a été ouverte et des lettres étaient à disposition des participants hier pour signature avant un envoi à la préfecture, au président du Département et au centre de rétention administrative qui détient actuellement un père de famille.

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1 réflexion sur “« La vraie crise, c’est celle de l’accueil »”

  1. Migrations.
    « Au départ les gens étaient hospitaliers mais maintenant ils sont devenus hostiles envers nous … Ce sont vos gouvernements qui nous mettent dans tous ces problèmes » ( Patrick, originaire de Côte d’ivoire).
    Ce sont 143 000 arrivées irrégulières en Europe fin 2022. l’Italie a du se débrouiller seule avec le flux de migrants (4 fois plus d’arrivées en 2023 qu’en 2022).
    Ce chiffre ne comporte pas les demandeurs d’asile politique au titre de la convention de Genève et dont la vie et la sécurité sont menacées dans le pays d’origine et les déplacés ukrainiens qui viennent chercher une protection temporaire.
    Le problème est devant nous et la seule solution d’urgence est le dispositif d’accueil à mettre en place dans chaque pays de l’UE.
    Un seul pays ne peut gérer ce flux qui augmentera et c’est ici tout la difficulté.
    Le problème est qu’il n’y pas de solidarité européenne et cela conduit des pays comme la Pologne ou l’Italie vers des choix politiques extrêmes et des décisions dangereuses.
    La France avait été partisan d’une gestion du flux (L’UE accompagne financièrement l’accueil des migrants ; 5 millions d’euros au pays demandeur) mais c’est une autre page qui s’écrit : celle du retour massif de ceux qui ont déjà commencé à vivre mieux ici et le ralentissement ou la critérisation de l’accueil (le migrant méritoire ou accaparé par des emplois non pourvus).
    Le problème est que l’administration de l’état mélange ces 2 traitements et anticipe sur de futures décisions légales en éloignant du territoire de plus en plus de familles (et pas seulement des enfants !).
    C’est une atteinte au droit de la solidarité et de l’hospitalité. Le migrant quant à lui continuera le voyage vers un ailleurs meilleur. Celui qui part dit : « si ne je ne réussis pas, je vais rater ma vie ».
    Que les préfectures signent des OQTF n’aura aucun effet sur les nigériens ou soudanais qui continueront de venir en Europe.
    C’est un non-sens et cela ne sert à rien sinon à faire plaisir aux partis politique de droite.
    Le migrant devient donc un enjeu du pouvoir politique et la condition de son maintien. Mais ce qui devient dangereux à continuer dans cette voie, c’est une remontée du sentiment xénophobe en France, relayé il est vrai par beaucoup de beaufs satisfaits de voir des humains malmenés, et propice au renouveau de factions fascistes et un RN qui attend son heure.

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