Le collectif « culture en danger 63 » : un nouveau lieu et des perspectives de mobilisation

Né de l’occupation de la Comédie de Clermont-Ferrand au printemps 2020, le collectif « culture en danger 63 » organisait ce jeudi une assemblée générale au « SOUK », anciennement « petit vélo », un lieu pour lequel le collectif a obtenu une subvention de la Ville. Au programme : discussions autour du projet porté en ces murs et échanges sur la situation difficile d’un secteur toujours paralysé par la pandémie de COVID, avec des perspectives de réflexion et d’entraide pour les artistes et techniciens.

Un carrelage noir et blanc, des lumières tamisées, et une ambiance de travail. Ce jeudi, une vingtaine de personnes du collectif « Culture en danger 63 », syndiquées ou non étaient réunies au SOUK, anciennement « petit vélo ». Après avoir répondu à un appel à projet en octobre dernier, le collectif, monté en association, vient d’obtenir une subvention de la ville de Clermont-Ferrand.


Nouveau lieu, nouvelles envies

Cet ancien théâtre, réhabilité en cinéma dans les années 60, aurait dû devenir une galerie marchande dans les années 90. Aujourd’hui, ce local de 520 m2, appartenant à la mairie, est au cœur d’une expérimentation entre les acteurs de la culture et les pouvoirs publics. Selon les membres du collectif, l’objectif est de « poursuivre l’émulation et le brassage entre artistes et militants qui a eu lieu à la Comédie au printemps dernier ».

Le SOUK se veut donc être un endroit permettant de densifier le tissu artistique local en proposant des espaces d’échanges et de formation, de porter une parole politique dans l’art et d’y faire émerger des revendications. Son but est également d’être un espace de communication avec les habitants, le tissu social et associatif. Les porteurs de projets du lieu se réuniront le 13 janvier prochain pour discuter plus précisément de l’avenir du bâtiment. En attendant cette prochaine date, la réunion de ce jeudi a également permis aux artistes et aux intermittents du spectacle d’échanger sur la situation sanitaire et sur les annulations de dates qui précarisent tout un secteur.

Des revendications contre les annulations

Loïc, un intermittent du spectacle présent à la réunion, se désespérait des annulations en chaîne de ses contrats à cause des restrictions sanitaires : « À l’automne, on n’a rien eu, il y en a qui ont perdu 80 % de leurs contrats en décembre, parce que les clients annulaient ou à cause d’arrêtés préfectoraux ».
Une situation qui plonge Dimitri, artiste de rue, dans la détresse : « C’est impossible de se projeter au-delà de deux mois, on ne sait pas pourquoi on crée, dans quelle direction… ». Anne-Lise, artiste peintre, de rebondir : « Oui, l’instabilité sanitaire devient un frein à la création ».
Les acteurs culturels locaux dénoncent la fin de l’année blanche mise en place l’an dernier et une mauvaise répartition des aides à la culture, notamment dans les territoires ruraux.

Face à ce couperet pour le secteur culturel, un des membres du collectif a rappelé les revendications de la CGT-spectacle avec un appel à les amender : demander plus d’aides et un fond de solidarité, le maintien du paiement des contrats avec les collectivités territoriales. Les intermittents de la CGT demandent aussi le maintien du droit à l’indemnisation jusqu’à 12 mois après l’arrêt des mesures et une facilitation du régime des intermittents primo-entrants.

Les personnes présentes ont créé des groupes de travail et ont programmé des tables rondes de formation, d’échange pour que les artistes puissent échanger et s’entraider, notamment sur le volet administratif. Quelques idées de mobilisations (manifestation, rassemblement, festival) ont été évoquées, sans dates fixées pour l’instant. Les acteurs du secteur culturel de Clermont-Ferrand sont donc bien déterminés à poursuivre la mobilisation entamée l’an dernier à la Comédie.

Plus d’informations sur la page Facebook du collectif Culture en Danger 63.

Elian Barascud

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