RESF met en garde sur une potentielle vague d’expulsions des sans-papiers

La trêve hivernale vient de prendre fin. RESF craint alors une nouvelle vague d’expulsions de familles de leurs logements sociaux. La préfecture reste silencieuse face aux interpellations.

Les membres de RESF63 (Réseau Education Sans Frontières) se tiennent là, sur l’herbe de la place du 1er mai. Là où un an plus tôt, un campement de fortune avait été mis en place afin de venir en aide aux familles expulsées de leur logement social. Simon, représentant RESF, n’a de cesse de prendre la parole pour dénoncer les positions préfectorales. La trêve hivernale désormais terminée, il craint une nouvelle vague d’expulsions des sans-papiers. “Nous avons interpellé la préfecture. On leur a demandé d’intervenir pour freiner les expulsions, ou de mettre en place un moratoire pour les personnes sans solution de relogement. La préfecture ne nous a donné aucune réponse.” Raconte Simon

La lettre, datée du 24 mars, a été signée par de nombreuses associations dont Collectif Citoyens 63, RESF 63, CASA Billom, Hébergement Solidaire Sans Frontières, Y’a pas mieux, Auréso Fayet le Château, Sauxillanges Entraides et Soutien aux Migrant.e.s et Irondéla Rochefort-Montagne.

Quelques parlementaires sont aussi intervenus et ont envoyé une lettre le 28 mars. Elle est signée par Marion Canales, sénatrice du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi, Christine Pires Beaune, et Nicolas Bonnet, député.e.s des 1ère, 2ème, et 3ème circonscription du Puy-de-Dôme. “La préfecture ne pourra pas dire qu’on ne les avait pas prévenus !” S’exclame Simon.

Une situation déjà difficile

“Toute l’année, on reçoit des appels d’infirmières, d’assistantes sociales, pour nous demander de l’aide”. Explique Marie, représentante RESF et de la Ligue des droits de l’Homme. Durant l’hiver, la préfecture avait expulsé une mère et son enfant de 7 jours. Selon RESF, l’année 2024 a compté 251 ménages à la rue, dont 36% avec enfants. Ils comptent également 66 femmes seules à la rue, soit 20% de plus qu’en 2023. “Ce sont nos chiffres, basés sur les personnes que l’on a recensées. Nous sommes convaincus qu’ils sont plus nombreux.” Poursuit Simon.

RESF craint alors la fin de la trêve hivernale, car la préfecture en profite chaque année pour expulser de nombreuses familles d’un seul coup. L’année dernière, une centaine de réfugiés s’étaient abrités dans la maison du peuple. “On avait des familles avec des enfants en bas âge, des femmes enceintes de 8 mois, des personnes en situation de handicap. Jusqu’où vont-ils aller ?” S’inquiète Simon.

Régulariser

“On a une solution qui ne leur coûterait pas d’argent, il suffit juste de régulariser ces personnes. Ils ne demandent qu’à travailler, leurs enfants sont nés à Clermont !” Déclare Simon. Pour lui, l’accueil et la régularisation des migrants ne rapporteraient que du positif. Ainsi, selon RESF, aucune raison valable à l’expulsion de ces familles n’existe, si ce n’est le racisme. Didier, représentant RESF, argumente la thèse : “Les études montrent que l’immigration rapporte plus d’argent qu’elle n’en coûte. Et l’appel d’air est un concept qui n’est porté par aucun chercheur, seuls les politiques y croient.”

Mais avec Darmanin l’année dernière, Retailleau cette année, et peut-être le Rassemblement National plus tard, RESF s’inquiète. “On se tient prêt, on n’a pas le choix. Mais c’est la préfecture qui devrait faire tout ce travail !” Conclut Simon.

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