Pour que le combat ne devienne pas un combat sans fin

Trois jeunes élèves de Riom et Brassac-les-Mines sont menacés par une OQTF. La mobilisation des professeurs, bénévoles et syndicats continue.

Ali, Mohammed, tant d’autres encore. Il y a quelques semaines, une mobilisation d’ampleur commençait pour dénoncer les OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) adressées à deux élèves du lycée professionnel Pierre Joël Bonté de Riom et un élève de Brassac-les-Mines. Déjà, nous racontions dans un article l’histoire de ces trois jeunes.

Si pour deux d’entre eux, l’attente est toujours interminable, le jeune Ali a pu obtenir gain de cause. Une petite victoire. Mais à peine le temps de se réjouir, on apprenait, lundi 02 mai, que deux nouveaux élèves étaient sous le coup d’une OQTF. Stupeur. Pourquoi toujours eux ? Pourquoi une OQTF, tout simplement. Est-ce un combat vain que les associations, bénévoles, professeurs et journalistes mènent ? Nous refusons de le croire comme nous refusons toute forme de fatalité. Il ne faut pas faire de ce combat un combat sans fin.

20 ans

Abdulaye K et Abdulaye B sont nés en 2002. En Guinée, dans le même pays. Ils vivent tous les deux en France. Y étudient, y obtiennent leurs diplômes, y cherchent du travail. Mais pour eux, c’est aussi ça, avoir 20 ans en 2022. C’est vivre avec la boule au ventre, se voir refuser du travail dans des secteurs pourtant en tension, être menacé d’expulsion à tout moment.

Car les deux jeunes hommes n’ont pas de passeport. La Guinée n’en délivre plus depuis plus deux ans. Ils sont majeurs et doivent obligatoirement avoir un titre de séjour. Mais sans papiers, c’est impossible. Le cercle vicieux, la vie sans issue.

Hypocrisie

Abdulaye B a obtenu un CAP plomberie. Formé à ce métier qui a besoin de recruter, il ne trouve pas de travail, faute de papiers. Qui ose encore dire que la venue de citoyens d’autres pays est une perte d’argent ? En attendant, ce dernier a continué son cursus avec un CAP peinture.

Abdulaye K lui, a fait un CAP maçonnerie. Mais même problème, faute de papiers, pas d’embauche. Grâce à ses résultats, il est désormais en BacPro en attendant, un jour, de pouvoir faire une alternance.

OQTF

Les deux élèves ne sont pas passés par l’Aide Sociale à l’Enfance. À maintenant 20 ans, ces derniers ont dû faire une demande de titre de séjour. Mais c’est une OQTF qu’ils ont reçu comme seule réponse.

Pour Mohammed, c’est la même histoire. Scolarisé à Brassac-les-Mines, le jeune Ivoirien a lui un passeport. Mais c’est aussi une OQTF qu’il a reçu comme réponse à sa demande. Pourtant, le Département semble reconnaître son implication et son travail à travers la signature d’un Contrat Jeune Majeur.

Mobilisation

Ces derniers jours, professeurs, bénévoles et syndicats se sont réunis pour décider des mobilisations à venir. Depuis les premières OQTF, des pétitions ont été lancées, des lettres envoyées aux différentes institutions et des mobilisations menées devant l’établissement.

Demain, mercredi 11 mai, une conférence de presse aura lieu au Centre Jean Richepin. Vendredi 13 mai, à 10h, une nouvelle mobilisation débutera sur le parvis du lycée Bonté, pour tous les élèves et personnels qui le souhaitent. Après quelques prises de parole, un départ est prévu à 10h15 vers la sous-préfecture pour un rassemblement. Une audience est demandée au sous-préfet par les organisations syndicales.

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