Face à une situation insoutenable, une mobilisation sans précédent dans l’Éducation.

Ce jeudi, le personnel de l’Éducation nationale était en grève. Pour dénoncer la situation générale et les difficultés liées au protocole sanitaire, des manifestations sans précédent ont eu lieu dans toute la France.

Depuis 2017, Jean-Michel Blanquer aura gardé son poste tout du long. Un record de longévité qui n’avait pas été battu depuis 1962…sous De Gaulle. Mais à l’approche de la fin du mandat en cours, son bilan paraît de plus en plus catastrophique. Suppressions de classes, baisse des dotations horaires, manque de moyen, Parcoursup ou encore réforme du bac, on ne compte plus les décisions qui ont mis en difficulté l’un des services publics les plus important du pays.

Blanquer bonnet d’âne

Depuis deux ans, le travail du personnel de l’Éducation nationale n’est plus le même. Aux difficultés traditionnelles s’ajoute le poids du contexte sanitaire. Mais deux semaines après la rentrée, la situation est devenue cauchemardesque. En ligne de mire : le protocole, difficilement applicable. S’il n’y avait que ça… Les règles changent presque tous les jours. Cadres, directeurs d’écoles, professeurs, animateurs et personnel technique n’en peuvent plus.

Ce qui passe encore moins, c’est la forme. Depuis déjà quelques années, nombreux sont ceux qui dénoncent le mépris qu’ils ressentent. Mais dimanche 02 janvier, à quelques heures de la grande rentrée, la consternation est totale. Le Gouvernement n’a même pas dénié informer les principaux intéressés à l’avance les laissant découvrir le nouveau protocole au dernier moment par le biais d’un organe de presse payant. C’est la goutte d’eau.

Des difficultés herculéennes

Parents et enseignants ont du mal à y voir clair. Depuis la rentrée, trois protocoles sanitaires ont été annoncés par le gouvernement. La réalité pour les parents : la course entre les enfants positifs ou cas-contact à récupérer, les tests à pratiquer après des heures d’attentes et les attestations à fournir. Pour les enseignants, c’est le rush permanent entre coups de fil perpétuels, gestion de crise, vérification des attestations et remplacement du personnel quand c’est possible. Pour les enfants, c’est le quotidien chamboulé, c’est le stress, les tests.

« C’est un ras-le-bol général, les protocoles changent constamment. On a essayé tous les modes d’action mais rien ne se passe donc aujourd’hui, on est en grève », confie une professeure du collège de Maringues. Pour les cadres, même son de cloche. « On aurait aimé avoir des protocoles qui arrivent plus tôt, être informés avant le public. Qu’on soit considérés comme des cadres tout simplement« , expliquent des chefs d’établissement du lycée Descartes à Cournon et du collège La Charme de Clermont. « La manifestation s’est imposée à nous aux vues de la façon de faire du ministère », ajoute leur collègue du lycée Ambroise Brugière.

Un rassemblement sans précédent

Il est 10h ce jeudi matin lorsque la foule commence à prendre forme place Delille. Sur notre téléphone, -4°C. Les courageux sont là. La situation est trop urgente. On le comprend tout de suite, la mobilisation est suivie. En effet, au moment où le cortège s’apprête à partir vers 10h30, plus de 1500 personnes sont là. Les drapeaux sont nombreux. CFDT, CGT, SUD, UNEF, FSU-SNUIPP, UNSA… Une intersyndicale complète. C’est assez rare pour le souligner.

La marée humaine se compose d’assistantes maternelles, de professeurs, d’instits, de syndicalistes. À leurs côtés, la hiérarchie qui les soutient, des CPE, des directeurs d’école, des inspecteurs. Surtout, des parents parfois accompagnés de leurs enfants. La FCPE, première organisation de parents d’élèves a signé l’appel à la grève et invité les parents à rejoindre les enseignants. « J’en ai marre que l’économie se fasse au dépend des enfants. On veut que les écoles restent ouvertes mais avec de la sécurité », abonde une institutrice de l’école Edgar Quinet. « C’est important que les enfants soient là car ce sont eux les principaux touchés », ajoute cette dernière qui est venue avec ses enfants. À Clermont, quelques centres d’accueil périscolaire comme celui de l’école Victor Duruy ont fermé pour cause de mobilisation générale.

Tous ensemble contre le protocole

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À Clermont-Ferrand, la manifestation a rassemblé plus de 1500 personnes. Alors que le gouvernement annonce 38,5% et 23,7% de grévistes dans les écoles et le secondaire, les syndicats parlent de 75% et 62%. Une mobilisation qui ne s’est pas vue depuis des années. Sur les 14 inspecteurs de l’Éducation nationale dans le Puy-de-Dôme, 10 ont fait grève et 9 étaient présents dans la rue.

Devant le Rectorat, point de chute de la manifestation, syndicats et personnels de l’Éducation nationale unissent leurs voix pour dénoncer. Les conditions de travail, le sort des enfants, l’organisation chaotique du gouvernement et le manque d’accompagnement. Le mépris aussi. Tous appellent à un changement radical. Une assemblée générale a eu lieu pour discuter de la suite du mouvement. Une chose est sûr, une très grande majorité des manifestants et grévistes appellent à la démission de leur ministre.

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