Ehpad Le Castel Bristol : des salariés dans « le flou total ».

Face au déclin du service public et la mise en avant du secteur privé par les politiques actuelles, on assiste de plus en plus à la détresse des salariés de la fonction publique, notamment au niveau médical. Nous avons donc été sur place pour relever la parole des salariés de l’Ehpad Le Castel Bristol (48 patients; 38 salariés), racheté par l’association privé Sainte-Marie, à compter du 1er janvier 2021.

Ils étaient entre quinze et vingt à se rassembler sur le parvis de l’Ehpad Le Castel Bristol ce jeudi 15 octobre 2020. Durant plus d’une heure sur leur pause déjeuner, car les patients n’attendent pas, les salariés de l’Ehpad ont manifesté leur colère concernant le rachat de leur établissement par l’association hospitalière Sainte-Marie, organisation privée à but non lucratif.
Les salariés s’inquiètent de la perte de leur statut de fonctionnaire public. Ils perdront une partie de leur salaire, pouvant aller de 150 à 300 euros selon les personnes, ainsi que les avantages que leur apporte ce statut (garantie de l’emploi à vie, calculs de la retraite…) . Ils s’inquiètent surtout de leur avenir. Que ce soit l’association Sainte-Marie, l’ARS (Agence Régionale de la Santé) ou le CHU auquel est rattaché l’Ehpad, personne ne leur donne de réponse quant à leurs perspectives d’emploi. A partir du 1er janvier 2021, date à laquelle l’établissement appartiendra à Sainte-Marie, aucun salarié n’est certain de conserver son poste et aucune proposition de recrutement ou de mutation n’a été formulée. D’après les manifestants, cela fait deux ans que l’ARS leur promet des entretiens individuels. Selon cette dernière, ce serait au CHU, aussi géré par Sainte-Marie, d’ouvrir une cellule de reclassement pour leur proposer de nouveaux contrats de travail, que ce soit au sein de l’Ehpad ou ailleurs. Or, à deux mois de la fermeture, aucune date n’a encore été fixée.
« On est dans le flou total » confie Sandra, une des soignantes. « L’ARS nous a proposé de nous payer le temps de nous retrouver des postes même si l’on ne travaille pas. Ensuite, ils nous proposeront trois postes à accepter ou refuser. » Mais ces contrats proposés seront-ils en CDI ou en CDD ? Les salariés garderont-ils leur statut de fonctionnaire public ? Seront-ils mutés ailleurs dans la région, loin de chez eux ? « Je ne veux pas rester chez moi et être payée, j’ai presque vingt ans d’expérience, quand je vois que les jeunes ayant 1 an d’expérience ne sont pas repris, pourquoi moi je le serais ? Sachant qu’ils ne remplacent pas les départs dans la fonction publique » continue Sandra.
En plus de leurs conditions de travail, les soignants doutent de l’avenir de leurs patients : « L’association Sainte-Marie ne rachète que les lits. Fin 2021, la maison sera définitivement fermée et les patients transférés dans un espace de l’hôpital qu’ils sont en train de réaménager. Et ceci en attendant la construction d’un nouvel Ehpad adéquat ». Or les manifestants ne sont pas sûrs que l’association hospitalière gardera tous les patients et surtout qu’ils recevront les soins qu’il leur faut. S’ils ne gardent pas tous les patients, certaines familles pourraient se retrouver en difficulté, car le privé est bien plus cher que le public. « Ils paieront entre 1 000 et 2 000 euros par mois de plus que dans le public » affirme Évelyne, déléguée syndicale. « L’ARS n’a jamais contacté ni les familles, ni les patients, ils ne savent absolument rien sur eux. Ils ont oublié la génération qui les a enrichis », poursuit-elle.

*L’ARS est restée injoignable

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Publié le 15 octobre 2020
Écrit par Laura Massip

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