C’était trois semaines après le drame. Hier, environ 150 personnes se sont rassemblées à l’appel de la CGT, à 10 heures, devant le Conseil départemental du Puy-de-Dôme. Leur volonté : d’abord rendre hommage à Lily, jeune fille de 14 ans, après son suicide le 25 janvier dans un hôtel où elle avait été placée par l ‘Aide Sociale à l’Enfance. Nous vous en parlions dans un article paru il y a quelques jours. De plus, les personnes présentes, pour beaucoup des élus et des acteurs de la Protection de l’enfance souhaitaient dénoncer le manque de moyens dans ce secteur.
« Ça fait pas mal de temps qu’on interpelle l’État sur ces questions. Il faut la mise en place de moyens importants pour régler les problèmes. Des moyens, du personnel et des structures. On nous fait croire que ce ne sont pas des hôtels mais des lieux d’accueil mais ce sont des hôtels. Le Conseil départemental a tout intérêt à agir collectivement, avec l’État. », a indiqué Jacky Grand, Conseiller départemental de Billom pour le groupe « La Gauche 63 – Solidaires par nature. ».
Audience
Afin d’alerter face au manque de structures adaptées, de moyens et de personnels, une délégation a été reçue par le Conseil départemental et la préfecture. « La Protection de l’enfance, c’est un sujet complètement invisibilisé. Et c’est un secteur qui aujourd’hui souffre du manque de moyens. Ça questionne sur le sens qu’on donne au droit des enfants dans notre société. Une politique à la hauteur, ça part des moyens. », confiait Marianne Maximi, députée LFI du Puy-de-Dôme.


Marie, travaillant au secteur ados d’Alteris abonde également en ce sens. « On est là pour réclamer des moyens. Des prises en charge dignes pour les jeunes. Les foyers privés sont pleins. Les jeunes sont en danger et sans solutions. », déclare-t-elle. « Je suis entre la sidération et une forme de colère. On ne peut pas garantir que ça ne se reproduise pas. », poursuit cette dernière.
Loi Taquet
Votée en 2022, la loi Taquet interdit normalement les placements de ce type pour les enfants de l’âge de Lily, sauf à titre exceptionnel. Pourtant, le texte reste inappliqué. « Il n’y a pas de décret signé. Personne n’accepterait ça pour ses propres enfants. Je suis extrêmement en colère de l’instrumentalisation du Conseil départemental sur ce qu’il s’est passé. J’ai interpellé tous ceux que j’ai pu, par tous les moyens possibles. », explique Marianne Maximi qui a publié, aux côtés d’un collectif de députés de gauche, une lettre ouverte dans le journal Libération afin d’interpeller l’État.
« Ce sont des métiers où on s’investit directement. On se dit si je fais grève, qui va s’occuper des gamins. C’est très compliqué mais il faut sortir de cette culpabilité. Aider, ça passe aussi par se mobiliser. », a affirmé la députée, éducatrice de métier.
À 11 heures, une minute de silence a été respectée. D’autres mobilisations pourraient avoir lieu.