Jeudi 14 janvier, à 15h, les acteurs du monde culturel de Clermont-Ferrand se réunissent de nouveau. Cette fois-ci ce sera au Raymond bar, lieu aux valeurs d’accueil et de solidarité. En plus des dates de manifestation interprofessionnelles auxquels chacun choisi de participer ou non, les acteurs du monde de la culture ont décidé de la date du 19 janvier pour présenter leurs revendications propres. Le rassemblement devrait donc se tenir devant la préfecture à 14H. Une autre réunion pour organiser d’autres action est aussi prévue le 22 janvier, à 15h, au Raymond Bar.
La discussion a été difficile aujourd’hui. Deux groupes semblent petit à petit se former, entre ceux qui veulent des actions coup de poing et ceux qui préfèrent rester sur des manifestations organisées, voir interprofessionnelles. Il y aussi ceux qui « s’en foutent d’avoir l’approbation de la ministre de la culture » et ceux qui veulent au contraire être reconnus, ceux qui ne veulent pas offrir de spectacles gratuits par une action, et ceux qui veulent rendre les revendications politiques joyeuses. Enfin, il y a ceux qui veulent dénoncer la société dans son ensemble, rappelant que c’est justement au monde de la culture de le faire, et ceux qui veulent se concentrer sur les conditions de vie actuelles des artistes. Au bout d’une heure et demie de débats, Seb, délégué syndical de la CGT propose alors : « Un comité d’action doit se mettre en place. Nous, les syndicats, allons se joindre aux manifestations interprofessionnelles pour interpeller les gens sur nos revendications. On doit aussi utiliser ces manifestations pour proposer des actions plus musclées et prendre des contacts. C’est en allant soutenir les autres qu’eux aussi viendront nous soutenir par la suite. » François, un des participant de la réunion, ajoute : « Si on intervient à plusieurs dans un lieu, il faut penser aux conditions sanitaires. Si on est beaucoup, nous ne pourrons pas les respecter. Je propose que l’on fasse des « commandos artistiques », de trois ou quatre personnes, qui proposeront une démarche artistique, courte et revendicative. Comme ça on n’embêtera pas le public tout en le sensibilisant à notre cas. Je trouve ça intéressant. » Car le but des artistes est avant tout d’interpeller sans déranger la société civile mais en se faisant assez remarquer pour « embêter » le gouvernement. Pour cela, Francis, un gilet jaune, propose autre chose : « Qu’est-ce qui empêche les musiciens d’être tous les jours dans la rue ? Il faut déborder le gouvernement en faisant des actions un peu partout, tout le temps. » La conclusion est en fait simple : « Il ne faut pas se donner de limites. Il y a certes des cadres, des syndicats, mais à titre individuel, chacun est libre d’organiser son action, de faire ou non un spectacle, de faire ses propres tracts si des revendications manquent, de faire des panneaux, banderoles… On doit pouvoir porter notre message et pensée personnelle, on doit être libre. » expose Seb.

Ce qui est aussi important pour les acteurs du monde culturel, au-delà de se réapproprier la liberté de s’exprimer et de créer, c’est de rappeler en quoi la culture est essentielle : « Qu’est-ce qui est essentiel chez l’homme ? C’est le fait que l’humain se distingue de l’animal. Et l’humain ne se distingue pas des autres espèces en consommant, mangeant, dormant ou copulant dans certains cas. C’est la musique, la poésie, l’art et tout ce qui nous fait grandir de l’intérieur. C’est donc la culture qui distingue l’homme de l’animal, sa conscience grandie. Le gouvernement a inversé le sens du mot essentiel » explique Francis. Une artiste intervient : « Le gouvernement nous a réduit à des mécanismes vitaux et non pas intellectuels. » « C’est une dynamique qui existe depuis des décennies. Rendre l’humain à l’état de machine à consommer et de mettre au centre de la société l’économie. Toutes les sociétés traditionnelles ne fonctionnement pas comme ça. certes l’économie fait partie de la société, mais ce n’est qu’une partie. La spiritualité, la connaissance, la nature sont parfois plus importantes pour elles. » termine Francis.
Bref, le constat est simple : sans la culture, l’humain ne peut pas évoluer, s’épanouir ou s’élever personnellement. L’objectif maintenant est donc de créer de petits comités pour chacun organiser une action. Chaque action aura lieu à un endroit différent et aura un format propre à elle (blocage d’une salle de spectacle, représentation au sein de la Fnac ou des centres commerciaux, bloquer un centre administratif…). Ensuite, les artistes se réuniront pour faire du boucan tous ensemble ! Pour le moment, la date du 19 janvier est fixée pour une manifestation « conventionnelle », à 14h devant la préfecture. Le durcissement des actions s’organisera, quant à lui le 22 janvier, à 15h, au Raymond Bar.