Projet de mine de lithium en Allier : Questions en suspens !

La souveraineté énergétique tant souhaitée par le gouvernement va bientôt montrer aux français les dégâts causés par l'extraction minière, notamment de lithium, pour les batteries de voitures électriques. C'est un village dans l'Allier qui se prépare à accueillir l'une des plus grandes mines d'Europe.

Plusieurs réunions publiques ont déjà eu lieu dans les villages concernés par le projet. Plus d’une centaine de personnes à chaque fois. Et des questions sans réponses. Parce que le projet qui s’annonce paraît colossal et mérite quelques explications.

Imérys, une société polémique

Sur la commune d’Echassières, dans l’Allier, une carrière de Kaolin existe depuis plus d’un siècle. Elle est désormais détenue par Imérys, depuis 2005, multinationale spécialisée dans l’extraction minière. Malgré plusieurs polémiques rencontrées par la société (Condamnation au Brésil pour pollution des cours d’eau amazoniens en 2015, lien avec l’exploitation de Talc en Afghanistan finançant les Talibans), Imerys a été sélectionnée par l’Etat français pour ouvrir son exploitation de lithium.

Patrick kron, l’ancien dirigeant d’Alstom

Imerys a, à sa tête, Patrick kron, tristement connu pour ses liens avec l’affaire d’Alstom. Rappelez-vous, il a reçu une retraite-chapeau de 10,5 millions d’euros, une prime de 4,1 millions d’euros et vend l’entreprise à Général Electric pour peut-être échapper à la prison. Il avait plaidé coupable dans une affaire de corruption mais n’a jamais été incarcéré par la justice américaine, contrairement à Frédéric Pierrucci, l’un des dirigeants de l’entreprise.

Ainsi, pas simple de faire confiance à cette entreprise qui promet de faire une mine « responsable ».

Comment extraire le lithium ?

Mais comment ça se passe une extraction de lithium ?

Pour ce nouveau projet, la société assure préserver l’environnement. D’ailleurs la mine sera souterraine. A peine à 500 mètres de profondeur, on extraira la roche qui sera broyée. Les stérils (déchets, donc roche qui ne sert à rien car ne contient pas de Mica, le minéral détenant le lithium) sont renvoyés sous terre. De l’eau est ensuite ajoutée pour former une pâte qui sera placée dans un réservoir où de l’air insufflée permet de séparer le lithium de la roche. Après filtration, la poudre de lithium obtenue est encore raffinée. Pour cela, elle est chauffée à une température pouvant atteindre jusqu’à 1000 degrés. Des produits chimiques et de l’eau sont ensuite ajoutés avant filtrage.

Une mine écolo

Concernant le projet auvergnat, des solutions écologiques vont être mises en place : canalisation souterraine pour amener le mica (minéral contenant le lithium) dans l’usine d’assèchement, et utilisation de voies ferrées pour réduire l’utilisation de camions. L’eau restante, une fois le lithium récupéré sera remonté sur le site minier par une canalisation et sera recyclée.

Des questions sans réponse

Les habitants ont malgré tout plusieurs questions : Comment faire rentrer sous terre la roche une fois broyée, alors que son volume sera forcément plus important ? Quelle eau sera utilisée ? Il faut savoir qu’on estime à 2 millions de litres d’eau nécessaires pour une tonne de Lithium. Pour Patricia, de l’association « Préservons la forêts des colettes », l’angoisse est de plus en plus grandissante. « Ici, il y a des sources partout, nous avons tous un puit, un lavoir… Mais depuis 2 ans, on se rend compte que nos puits sont à sec. On manque déjà d’eau, donc on s’interroge sur la consommation d’eau dans ce projet. »

Consommation d’eau et promesse d’emplois

Autre inquiétude pour l’habitante qui s’est déjà battue pour un projet d’éolienne sur le même territoire, l’impact écologique. « On nous dit que cela ne risque rien, que ce n’est pas polluant, mais la société ne nous explique pas ses procédés, son utilisation de produits chimiques. Elle ne répond pas à nos questions. »

Autre interrogation. L’entreprise promet 1000 emplois indirects ou directs grâce à cette nouvelle mine. Pourtant, dans leurs explications, tout semble mécanisé. Et que veut dire emplois indirects ?

Malgré nos recherches, impossible de connaître le nombre exact de salariés sur le territoire français d’Imerys qui se vante d’employés 17000 personnes dans le monde. Selon nos calculs, actuellement, sur les 5 sites répertoriés par la structure en métropole, moins de 1000 employés sont répartis dans ces différentes usines, dont plus de 300 au siège.

Prochaines réunions publiques

Si la population aujourd’hui, ne se positionne pas vraiment, elle attend de voir.

De prochaines réunions publiques auront lieu :

-Coutansouze, à la salle des fêtes le 29 novembre à 18H30

-Servant, à la salle des fêtes, le 1er décembre, à 18H30

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1 réflexion sur “Projet de mine de lithium en Allier : Questions en suspens !”

  1. UNE étude d’impact est un préalable à l’exploitation et ces études font partie du projet industriel. Comme il est dit, toute technique fait ressortir son lot de désavantages, voire de risques. Mais la transition est pavée de bonnes intentions comme l’indépendance énergétique dont les batteries sont un maillon. On ne peut que trouver la voie d’un compromis avec les tendances politiques actuelles. ON aura assez des contestataires attirés par la défense de l’état de nature…
    « un communiqué des élus régionaux écologistes d’Auvergne-Rhône-Alpes sur le projet illustre cette complexité : il affirme d’entrée que le lithium est un « métal indispensable à la production de batteries, essentielles pour le stockage d’énergies renouvelables et le développement des véhicules électriques », mais qu’aucun projet d’extraction minière « ne peut se prétendre 100 % propre ». in Alter Eco.

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