« On ne veut pas travailler plus pour gagner moins ! »

Jeudi 24 juin, environ 300 personnes ont manifesté et fait grève suite à l'application de la loi de transformation de la fonction publique, votée en 2019. Des bureaux de la métropole, proches de la gare, à l'hôtel de ville, les agents de la collectivité clermontoise ont exprimé leur mécontentement face à l'augmentation du temps de travail, sans augmentation de salaire. L'intersyndicale a ensuite investit l'hôtel de ville, avec les syndicats CGT, CFDT, CFTC, UNSA, FSU, FO et SUD.

La loi de transformation de la fonction publique oblige un passage à 1607 heures annuelles travaillées pour les agents des collectivités. Pour rendre cette loi applicable, le président de la Métropole et maire de la ville de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a décidé de supprimer plusieurs jours de congés à ses agents de la fonction publique.

« On a l’assiette mais pas le menu »

Les agents territoriaux sont en colère. « Non seulement on nous ajoute des heures mais on nous supprime les congés qui étaient ce qui rendait notre métier attractif. On a un salaire de misère et même après 40 ans de carrières, certains partent avec 800 ou 1 000 euros de retraite par mois ! » s’insurge Read, agent technique pour la métropole et syndiqué à la CFTC. « Et depuis que le personnel des communes a été mis à la métropole, on a plus de travail puisque plus d’espace à entretenir. Sauf qu’il n’y a pas eu d’embauche, donc on travail à flux tendu, plus qu’avant et pour le même salaire ».

Brigitte, secrétaire générale à la CFDT de Clermont-Ferrand, confirme. « On nous a retiré 10 jours de congé en tout. Ce sont des acquis sociaux de plus de 50 ans qu’on nous enlève. La moyenne d’âge de nos agents est de 52 ans. Donc bientôt, on partira à la retraite et personne ne nous remplacera parce que c’est plus attractif dans le privé. La mairie embauchera uniquement des contractuels et non des titulaires. On détruit le service public et ce sont les usagers de la ville qui vont en subir les conséquences. Parce que sans nous, il n’y a plus de cantine, plus d’entretien de la ville, plus de crèches. Au départ on fait ça pour l’humain. »

Les revendications

« Nous voulons que des agents soient embauchés dans chaque corps de métier, donc entre 300 et 400 personnes en tout. On souhaite pouvoir alterner entre petites et grosses semaines de 33 et 37 heures. Ainsi que pouvoir prendre une demi-journée ou une journée de congé tous les 15 jours. » explique Brigitte.

Les agents de la fonction publique exigent aussi une augmentation des salaires. « On demande déjà une prime annuelle de 1 000 euros pour tous, en compensation des congés perdus. » poursuit Brigitte. « On demande aussi une augmentation du salaire de 100 euros. On nous a félicités d’avoir maintenu le service publique pendant le Covid, et maintenant on ne nous accorde aucune reconnaissance. » enchaîne Audren, secrétaire général de la CGT de Clermont-Ferrand.

Des agents qui se sentent trahis par leur maire

« Le socialisme a pour principe de réduire le temps de travail sur la journée de 8 heures. Olivier Bianchi remet en cause les principes de son parti. Même Sarkozy n’avait pas osé avec son ‘Travailler plus pour gagner plus’. » exprime Frédéric, secrétaire général du département pour la FO. « Il ose nous dire dans les yeux qu’il est pour les 32 heures mais nous en impose 37 par semaine ». « Nous voulons être reçus par le maire et non pas par des collègues. Il n’a aucune reconnaissance de notre travail » poursuit Audren. L’intersyndicale a ensuite été reçue par des agents du maire.

Dans un communiqué de presse envoyé en fin de journée, Olivier Bianchi maintient le fait qu’il est contre cette loi à mettre en application, qu’il comprend les agents en grève, et se dit prêt à négocier et dialoguer avec les syndicats.



Nos actionnaires, c'est vous.

Aidez-nous à rester gratuit, indépendant et sans pub :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cet article vous a plu ?

Soutenez le Cactus !

Le journalisme a un coût, et le Cactus dépend de vous pour sa survie. Il suffit d’un clic pour soutenir la presse indépendante de votre région. Tous les dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66% : un don de 50€ ne vous coûte ainsi que 17€.