Les lycéens révoltés à l’approche du Baccalauréat

Vendredi 28 mai, sur la place Dellile à Clermont-Ferrand, environ 45 élèves et professeurs se sont rassemblés pour manifester contre la réforme du bac instaurée par Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale. Les élèves et le corps enseignant se sentent abandonnés face aux nouvelles épreuves pour le bac de 2021, alors que la crise sanitaire a déjà bouleversé les programmes de l'année. Ils critiquent aussi les modalités d'orientation pour les études supérieures.

Les lycéens et professeurs ont aujourd’hui exposé deux types de revendications. Celles exceptionnelles à la crise du Covid-19 et du retard pris sur le programme scolaire, qui concernent donc le bac de cette année. Mais aussi celles qui concernent l’ensemble de l’Education nationale, sur le long terme, notamment au niveau de l’orientation post-bac et de la valeur du diplôme du bac.

D’une situation exceptionnelle, des mesures exceptionnelles exigées

L’année scolaire 2020-2021 n’a pas été évidente pour les lycéens. Entre les demi-groupes, les cours en présentiels, puis en distanciels, les multiples retards sur le programme et le fait que chaque lycée n’a pas forcément étudié les même chapitres, les élèves sont stressés par le bac à venir. « Surtout pour le grand oral que le gouvernement met en place pour remplacer les épreuves écrites. On ne comprend pas à quoi ça peut servir de réciter notre leçon à l’oral plutôt que de l’écrire. L’exercice de l’oral est certes intéressant, mais si c’est un projet à présenter ou un sujet sur lequel on a travaillé personnellement. Pas sur les cours théoriques. » explique Celien, élève de première au lycée Lafayette. Celien explique aussi que ni les profs, ni les élèves ne sont préparés à cette toute nouvelle épreuve. Sylvain, professeur de mathématiques pour les terminales, confirme. « On a une formation de deux heures en ligne avec un professeur qui nous a présenté le site de l’éducation nationale et ses programmes… Je vais être aussi mal à l’aise que les élèves durant l’épreuve. »

Pour les élèves, seules les notes au dessus de la moyenne au bac doivent compter pour ce grand oral. Pour les notes des épreuves de français et philosophie, passées en première, seule la meilleure note doit être retenue par rapport au contrôle continu. « On a déjà pris du retard sur les programmes l’année dernière. Certains professeurs ont tenté de rattraper ces lacunes mais on a aussi du retard sur le programme de cette année, en plus de toutes les difficultés d’apprentissage qu’on a pu avoir. On n’ a même pas tous vu les même chapitres. Donc on veut que ce bac félicite ceux qui se sont accrochés. Mais il ne doit pas pénaliser ceux qui ont eu des difficultés pour de multiples raisons. Car ce n’était pas forcément par manque de volonté. » conclut Paul, qui a organisé la manifestation avec Celien.

Sur le long terme, la revalorisation du diplôme pour la fin de Parcoursup.

En ce qui concerne les revendications sur le long terme, les lycéens demandent une revalorisation du bac pour supprimer la sélection aux entrées de la fac. « On veut que le bac redevienne le premier grade universitaire, la garantie de rentrer à la fac. On souhaite que le gouvernement consulte plus les élèves et professeurs par rapport à ces questions. » explique Celien. « Le bac est dévalorisé et il n’est plus suffisant pour aller à l’université. Je pense qu’il y a une pénurie de moyens, d’accueil à la fac. On sélectionne car il n’y a pas assez de place suite au petit baby-boom de 2 000. Et pour les filières sélectives, il y a trop de spécialités et bacs différents aujourd’hui. Les écoles n’arrivent plus à classer les élèves selon leurs connaissances, trop diverses. » conclut Sylvain.

Les élèves se sentent abandonnés du gouvernement, sans aide à l’orientation pour l’année prochaine, ni garantie d’avoir accès aux études supérieures.

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