Les retraités s’insurgent de la précarisation de leurs pensions et des services publics de santé.

Mercredi 31 mars, de 14h à 15h30, les retraités de Clermont-Ferrand se sont rassemblés place de Jaude. Ils demandent une revalorisation des retraites ainsi que la suppression de la réforme des retraites. Ils dénoncent aussi le manque de moyens et la casse des services publics de la santé, que ce soit pour les vaccins, les hôpitaux ou la sécurité sociale.

Elles étaient environ 150 personnes, réunies sur la place de Jaude, pour dénoncer la précarisation des retraités. Joëlle, ancienne enseignante, retraitée depuis 3 ans, en est témoin. « J’ai une retraite correcte mais beaucoup de personnes ont des pensions en dessous du SMIC. Elles ne peuvent plus se soigner ou parfois même manger alors qu’elles ont travaillé toute leur vie. C’est indécent de leur faire ça et de ne leur accorder aucune reconnaissance. » Les retraités demandent donc une augmentation des moyens accordés à la santé et aux pensions.

Un rejet de la réforme des retraites pour une revalorisation des pensions

Vincent, du syndicat F.S.U (Fédération syndicale unitaire) rappelle d’abord ce qu’est la retraite. « La retraite, c’est un droit ! C’est un salaire continué pour lequel on a tous cotisés ! » Pour lui, les départs à la retraite devraient être à 60 ans, pour tous et toutes et sans que cela impacte les pensions. « Nous ne voulons pas que les retraités fassent la queue devant les restos du cœur ! Partir à 60 ans permet aux jeunes de s’insérer plus tôt dans la vie active et d’eux-mêmes cotiser pour leur retraite. » Pour les anciens actifs, la réforme des retraites c’est donc non. « On refuse la retraite à point. Ce serait le synonyme du chacun pour soi, de la destruction de la solidarité. » exprime Martine, retraitée engagée à RESF63 (Réseau éducation sans frontières). Et lorsqu’on parle d’anciens actifs, ce serait déconsidérer leur impact sur la société d’aujourd’hui.

« Les retraités c’est la force vive de la vie associative ! C’est un travail, certes choisi et dans lequel on s’engage avec plaisir, mais un travail quand même ! Les jeunes actifs n’ont pas autant de temps pour s’engager que nous. » explique l’ancienne pédagogue Joëlle, avec une voix calme et posée. « Sans compter tous les retraités qui aident physiquement et financièrement leurs enfants et petit-enfants. On amène du pouvoir d’achat, du temps pour les parents lorsqu’on garde les enfants… Nous aussi on fait vivre la société. » Pour les manifestants, la retraite ne doit plus être possible en dessous du SMIC. Joëlle expose même le fait que si les salaires de tout le monde étaient revalorisés, cela permettrait d’augmenter les cotisations sociales qui financent justement les pensions. Pour Pierre, représentant syndical des retraités syndiqués à la CGT (Confédération générale du travail), les retraites devraient être augmentées d’environ 400 euros pour qu’aucun retraité ne vive sous le seuil de pauvreté.

Non à la création de la 5ème branche de la sécurité sociale

Le gouvernement veut effectivement créer une 5ème branche à la sécurité sociale, la branche « Autonomie ». Elle permettrait de s’assurer contre le risque de la dépendance, en particulier pour les retraités dépendants des services de soins pour vivre. Au départ, ces derniers cotisaient pour ce risque de la dépendance au sein de la branche « Maladie » de la sécurité sociale. « Le gouvernement veut détacher cette assurance de la branche maladie. Il va demander aux retraités de la financer sur la base des cotisations prises sur nos pensions. Sauf que la sécurité sociale, ce doit être un package commun entre jeunes, actifs, retraités… Si on est seuls à cotiser, on aura une petite caisse, insuffisante pour nos soins » décrit Joëlle. Pour les militants, cela reviendrait à les isoler, quand eux-mêmes ont cotisé pour la branche Maladie de la sécurité sociale toute leur vie.

Ils le rappellent d’ailleurs en expliquant que la sécurité sociale existe depuis 75 ans grâce à Ambroise Croizat. Ce dernier a expliqué son projet de caisse commune aux soins par ce principe, repris lors de cette manifestation : « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. » Ambroise Croizat dira lui-même, en parlant de son projet de protection sociale, « Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès… » 

Des moyens pour la santé

Enfin, suite à ce rappel historique, les retraités se sont insurgés contre le manque de moyens accordés au service public de la santé. « Le gouvernement continue de fermer des lits d’hôpitaux pendant que la crise sanitaire s’aggrave ! Et dans le même temps, ils financent les grandes entreprises ou l’achat de LBD ! » s’insurge Martine. Pour les retraités, la crise sanitaire serait bien moins grave si les moyens avaient été fournis pour les hôpitaux, les soignants, la création de centre épidémiologiques….

Reçus le matin même pour le directeur de l’ARS du Puy-de-Dôme, les représentants syndicaux ont aussi insisté sur le fait de fournir plus de vaccins. « C’est le parcours du combattant pour ceux qui veulent se faire vacciner. Nous demandons plus de doses et surtout que les brevets sur les vaccins soient levés » commence le représentant du syndicat Solidaires. « Nous avons aussi demandé plus de vaccinodromes et qu’ils soient plus grands » expose le représentant du syndicat CFG-CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres). « Il faut que le gouvernement passe à la vitesse supérieure. L’ARS nous a promis 5 000 doses d’ici peu, des cars pour vacciner en campagne, des vaccinodromes… Mais on y croira lorsqu’on verra les faits car nous avons été maintes fois dupés durant cette crise » conclut Pierre de la CGT.

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