Voici la photo prise ce midi lors du rassemblement du personnel de recherche du CHU de Clermont-Ferrand.
Elle exprime à elle seule, la tension de la rencontre entre le DRH du CHU et le personnel en grève.
Après les discours des représentants du personnel et syndicaux, l’assemblée décide de se rendre à l’intérieur des locaux, en criant des slogans.
En effet, le personnel de recherche revendique le droit à un véritable statut. Nombreuses sont les inégalités parmi les gens grévistes. Certains sont titulaires, d’autres en CDI contractuel, ou encore en CDD contractuel.
Inégalité de statut
Ces différences de statuts accroissent des inégalités qui peuvent être salariales mais aussi de cotisation ou par rapport à la sécurité de l’emploi.
Autre problématique, les recrutements se font à Bac +2 pour des missions équivalentes à un poste d’ingénieur. Tout le monde est alors mis en difficulté, le salarié, comme le monde de la recherche.
Vous pouvez lire notre article explicatif ICI.
Le jeune DRH, Romain Poignand, sorti de l’ENA en 2017, arrivé au CHU de Clermont-Ferrand en 2021 vient alors à la rencontre du personnel en colère qui n’a pu poser qu’une heure de préavis de grève.
Discussion entre DRH et grévistes
Une discussion houleuse est alors entreprise entre deux univers qui ne semblent pas parler le même langage.
De plus, ce matin, justement, une nouvelle offre d’emploi a été publiée. Le CHU recrute un professionnel de la recherche, niveau Bac + 2, salaire Bac + 2, mais mission BAC + 5.
Romain Poignand le reconnaît, « c’est un malheureux hasard du calendrier. »
Une nouvelle offre d’emploi le matin même
Un comité de 6 personnes a bien été mis en place pour œuvrer dans les discussions, mais comme le dit l’une des représentantes « On avance d’un pas et on recule de deux. »
Elle prend l’exemple du refus de la prise en compte de la rétroactivité sur les salaires sur une année. « Une année c’est peu comme demande de rétroactivité non ? » Mais, cela a été refusé.
Romain Poignand s’engage à donner des réponses au 31 décembre 2024, en continuant à prôner le dialogue.
Un dialogue qu’on a du mal à considérer constructif quand on se remémore les huées qui ont couvert son arrivée à la direction du CHU.
Une heure de grève
Alors que l’heure de grève se termine, les pancartes sont rassemblées dans l’entrée du hall que tout le monde décide petit à petit de quitter.
L’endroit se vide. Seul reste le DRH.
Nous prenons cette photo, alors qu’il remonte dans ses bureaux, laissant derrière lui les stigmates d’une colère qu’il n’a pas réussi à désamorcer.
Dehors, la foule reste encore quelques minutes, sans trop d’illusion mais avec une détermination pour ne rien lâcher !
