On parle trop souvent de la violence des quartiers. Mais à Chamalières, bourgade avoisinant Clermont-Ferrand, et connu pour avoir comme maire Louis Giscard d’Estaing a eu son lot de violences, samedi soir.
Entre 20H30 et 22 Heures, 4 jeunes, 2 filles et 2 garçons ont taggué des propos racistes dans les rues commerçantes et vers les établissements scolaires du centre. « Quand on les a vus, on a d’abord cru à de la décoration de Noël. Les individus étaient avec des pochoirs. » Explique un passant qui a tenu à témoigner. Mais, en lisant les inscriptions xénophobes, les chamaliérois sont interpellés.

L’un d’eux se permet de leur dire qu’ils n’ont pas le droit de faire ce qu’ils font. Mais alors que 3 sont en train de faire des pochoirs sur la route, l’un d’eux fait le guet ou cache les caméras dans un coin. Il frappe l’homme, lui casse un morceau de dent. Il faut dire qu’après avoir fait tomber son manteau long, l’agresseur lui dirige un coup de poing, plein de bagues. Une témoin confirme : « Il avait la marque des bagues sur le front. » La victime tombe à terre. Heureusement, un des 4 « taggueurs » calme son ami et les 4 ami.e.s partent en courant.

« Si nous ne les avions pas surpris, ils auraient continué et on aurait retrouvé des inscriptions racistes dans toute la ville. » Explique une témoin. Du côté des habitants, l’heure est à l’émoi. « J’ai déposé plainte en ligne dès que j’ai découvert les inscriptions. » Explique l’un d’eux. « Dégradation de bien public, inscription xénophobe, j’espère que la justice sera sévère. » Plusieurs chamaliérois ont déposé plainte et d’autres ont des rendez-vous dans la semaine pour leur dépôt de plainte au commissariat. « On ne peut pas laisser des gens dégrader l’image de notre ville. »

Du côté de la mairie, le discours est clair : ces actes ne resteront pas impunis.
Parmi les 4 accusés, repérés et confondus par les témoins, 2 jeunes filles font partie de Nemesis 63, un groupuscule qui se revendique « féministe » d’extrême-droite. Nous vous présentions ce collectif dans cet article, il y a 2 ans déjà. Les deux jeunes garçons qui les accompagnaient, paraissaient avoir une vingtaine d’années.

Les jeunes filles avaient déjà dégradé les rues clermontoises et s’en étaient vanté sur les réseaux :

Les tags ont été perpétrés sous les caméras de la ville, les auteurs des faits devraient donc être rapidement identifiés.
Alors qu’il avait voulu écrire Wissam sur un passage piéton, un homme lors d’une manifestation contre la réforme des retraites, avait été mis en garde à vue et lors de son jugement avait écopé de 6 mois de prison avec sursis. Il avait été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès et subi une garde à vue difficile, comme vous pourrez le lire dans l’article ici.
Mais, dans l’affaire de Chamalières, en plus de la dégradation de bien public, les auteurs et autruces cumulent les propos xénophobes, rappelant que le racisme est un délit et non une opinion.

« Nous attendons beaucoup de la mairie, et de la justice dans cette affaire. » Explique une habitante du quartier. « Nous espérons que la mairie prendra ses responsabilités. C’est une honte de voir ce genre de pochoirs devant les écoles. »
Ce matin, les équipes techniques de la ville ont dû nettoyer les rues, et effacer ces tags.