« Nous garderons la tête haute et le poing levé »

Mercredi 16 juin, devant le rectorat de Clermont-Ferrand, 300 personnes se sont rassemblées. Elles étaient là pour soutenir les six représentants syndicaux, condamnés par ordonnance, suite aux actions militantes du 18 janvier 2020. Les syndicats CGT éduc'action (Confédération Générale du Travail), Sud éducation (Union syndicale Solidaires), FO (Force ouvrière), Snalc (Syndicat national des lycées et collèges), SNES- FSU (Syndicat national des enseignements de second degré) et l'Unef (Union nationale des étudiants de France) étaient regroupés en intersyndicale pour ce mouvement.

Frédéric Campguilhem de la CGT, Didier Pagès, de Sud éducation, Patrick Lebrun ainsi que Fabien Claveau du SNES – FSU, Paco Bellouche et Anna Mendez de l’Unef sont les six représentants syndicaux qui ont été condamnés à 400 euros d’amende et à l’inscription d’un délit au B2 de leur casier judiciaire. Pour comprendre les raisons de cette condamnation, retrouvez nos articles en cliquant ici.

Une mobilisation importante

Dès le début de la mobilisation, à 15h, environ 150 à 200 personnes sont devant le rectorat. Des militants venus de Bordeaux, Grenoble, Melle sont aussi présents. Ils scandent des slogans tels que « A Melle, Cahors, Clermont et Carcassonne, On ne touche pas à nos camarades ! » ou « Blanquer Démission ! » ou encore « Nous étions, Tous à Blaise Pascal ! ». Certains portent une affiche jaune avec inscrit « J’étais à Blaise Pascal », d’autres en font des avions en papier, qu’ils jettent ensuite dans la cour du rectorat.

« Leur tort ? S’être mobilisés contre les réformes du bac et des retraites. » commence la CGT. « En visant nos camarades, c’est l’ensemble des actions militantes, des syndicats, du personnel de l’Éducation Nationale qu’on vise ! » s’exclame Sud’éducation. « Personne ne cèdera à toute forme d’intimidation. »

Pour les syndicats, cette condamnation montre juste le souhait du gouvernement de criminaliser tout mouvement de contestation. « C’est le voleur qui crie au voleur ! Qui, aujourd’hui, empêche la démocratie, le droit syndical, les manifestations ? C’est Macron et Blanquer ! Alors contre le ‘front républicain’, nous devons être un « front indépendant’ pour défendre TOUTES nos libertés ! » Explique Frédéric Bochard, secrétaire général du département pour la FO.

Le refus du rectorat de recevoir les six représentants syndicaux

« On ne remercie pas le recteur, qui a refusé de nous recevoir » expose Sud’éducation. « La loi anti-bandes de Nicolas Sarkozy se retourne contre nous alors que nous avons mené une action pacifique et bon enfant. »

Pour les syndicats, ce n’est pas le recteur qui est derrière cette condamnation syndicale mais bien le ministre de l’Éducation. « Avec la médiatisation de l’affaire, nous pensons que notre ministre a donné des consignes à notre recteur, car nous sommes les seuls militants à ne pas être reçus aujourd’hui en France. »

La parole des représentants syndicaux concernés

« Même si les faits sont réels, ce n’était pas une décision personnelle mais bien collective. La preuve, plus de 500 personnes étaient venues nous soutenir lors des auditions auprès de la police. » explique Paco. « On a toujours une épée de Damoclès au dessus de la tête. Mais le fait d’être soutenus autant, que ce soit au niveau local ou national, ça revigore ! On nous connait aussi en tant que citoyens, et les gens savent qu’on est des militants, pas des délinquants. » poursuit Fabien.

« Ce qu’on souhaite, c’est l’annulation du casier judiciaire. C’est difficile de risquer des sanctions professionnelles pour notre militantisme. Je ressens une profonde injustice, quand la justice est moins prompt à condamner un Benalla ou un Darmanin affiliés aux actions d’extrême droite etc. Je suis content de voir que la mobilisation d’aujourd’hui est forte, montrer que nous ne sommes pas un problème individuel comme le gouvernement souhaite le prouver. Il y a une colère générale dans la profession, des collègues en souffrance, en colère. Mais on ne cèdera rien. » Rajoute Frédéric.

Avant de conclure : « On forme opposition contre la décision car notre condamnation a été prononcée sans débat ni audience publique. » explique Frédéric. « On passera donc en audition devant le tribunal administratif d’ici un an. On espère une grosse mobilisation. »

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