« Tout augmente sauf les salaires », 2000 personnes pour la manifestation interprofessionnelle à Clermont

Environ 2 000 personnes se sont réunies à Clermont-Ferrand ce jeudi 27 janvier à l’occasion d’une manifestation interprofessionnelle. A quelques mois des élections présidentielles, les syndicats entendent replacer la question sociale et le partage des richesses au centre du débat public.

C’est sous le soleil que démarre cette manifestation interprofessionnelle, à l’initiative de la CGT, FO, la FSU, Solidaires et l’UNEF. Dans le cortège, on croise des profs en colère contre leur ministre et ses vacances à Ibiza, des soignants au bout du rouleau, des employés de la métallurgie, du gaz et de l’électricité, des pompiers…
Période pré-élection oblige, les différents partis de gauche sont également là et tractent pour leur candidat. La manifestation, partie de la place des Carmes, remonte vers Jaude dans une ambiance combative. Le slogan « Macron démission » résonne dans la rue, avec sa variante « Blanquer Démission » à l’approche des cortèges de l’Éducation nationale.
Arrivées sur la place de Jaude, les organisations syndicales à l’origine de la manifestation ont enchaîné les prises de parole.

« Un quinquennat des riches »

« Aujourd’hui, il y a 170 mobilisations partout en France pour les salaires et l’emploi », entame Gyslain, pour la CGT. « Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de celle du 5 octobre dernier. à l’heure des présidentielles qui s’éloignent des sujets sociaux, nous devons dire stop aux politiques d’austérité ! ».
Il continue en évoquant le dernier rapport de l’ONG OXFAM : la fortune des milliardaires a plus augmenté durant la pandémie que ces dix dernières années. En France, les 5 plus riches possèdent autant que 40 % des français, et leur fortune a augmenté de 173 milliards d’euros pendant la pandémie. « Avec ça on pourrait tripler le budget de l’hôpital ! », s’exclame le syndicaliste, avant de reprendre : « Cette concentration des richesses est un choix politique du gouvernement. Nous devons remettre au cœur du débat la redistribution des richesses pour la présidentielle ! Ce quinquennat a été le quinquennat des riches ».

La CGT demande donc l’augmentation des salaires, des retraites et des minimas sociaux, le SMIC a 2 000 euros brut. Les syndicats réclament également le passage à la semaine de 32 heures et la création d’emplois stables et bien rémunérés.
Il conclura son intervention sur la récente victoire des salariés de Luxfer qui ont trouvé un repreneur après 1138 jours de mobilisation. « Preuve que la lutte paie ! ». Tonnerre d’applaudissement dans l’assemblée.


« Tout augmente sauf nos salaires »

Ce slogan, entendu durant la manifestation a introduit la prise de parole de la représentante de Solidaires. « On a eu une maigre prime inflation de 100 euros. Ce n’est pas d’une aumône dont les salariés ont besoin, c’est d’une vraie augmentation des salaires ! », tonne-telle. Le syndicat SUD demande une augmentation de 400 euros pour tout le monde, et une augmentation des pensions et des minimas sociaux. « Un seul mot d’ordre, on continue », lâchera-t-elle avant de céder le micro au représentant de la FSU.

Celui-ci réclame au nom de son syndicat un plan de titularisation des contractuels dan la fonction publique. Il demande également un vrai statut pour les AESH (accompagnant pour élève en situation de handicap), une augmentation de leur salaire et l’abandon des PIAL, qui les précarisent.
L’ensemble des syndicats appelle à soutenir la manifestation du secteur médico-social le 1er février. Ils appellent également à un rassemblement de soutien le même jour devant le palais de justice pour les militants syndicaux condamnées qui s’étaient opposés aux épreuves des E3C au Lycée Blaise Pascal pendant la réforme du BAC.

Les étudiants également mobilisés

C’est à Mayke, pour l’UNEF, de conclure les prises de paroles et de dénoncer la précarité étudiante. « 50 % des étudiants doivent se salarier à côté de leur études. 64 % d’entre nous doivent sauter des repas. 42 % d’étudiants renoncent aux soins. Macron a dit que la fac était gratuite, mais c’est faux ! Et ils veulent faire une fac d’élite en la rendant payante, pour en sortir les précaires. Nous continueront à défendre nos facs comme un lieu de savoir critique et émancipateur ! ».
Le syndicat étudiant organisera d’ailleurs une réunion publique sur la sélection à l’université jeudi 3 février à 10 heures sur le parvis de la fac de droit.

La manifestation s’est ensuite dispersée dans le calme. Mais tous l’affirment, « le combat continue », et de nouvelles journées de mobilisation sont à prévoir.

Elian Barascud

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