C’était, il y a un peu plus d’un an. Nous révélions dans nos colonnes, l’identité du jeune homme qui avait posté une vidéo où l’on voyait la tête des élus en place, être écrasée et malmenée. D’ailleurs, ce montage maladroit lui avait valu une garde à vue, et une mise en garde de la justice. Nous avions appris que ce jeune adolescent, encore mineur, n’était autre que le fils d’une commerçante sur la liste de Jean-Pierre Brenas, en 2020. Dans notre article à lire ICI, nous rappelions que ce garçon était aussi modérateur de la page facebook Saccage Clermont. Une page complotiste qui n’a eu d’intérêt que d’alimenter des colères et des insultes à l’encontre de la majorité municipale.
Quelques jours plus tard, Julien Bony disait devant les caméras de France 3, mais aussi dans un communiqué de presse public, déposer plainte contre notre media, pour Diffamation. Ruben, le jeune gardé à vue, révélait la même chose.
C’était il y a plus de 16 mois. Et nous n’avons jamais été entendu pour diffamation dans cette affaire !
Que signifie donc cette histoire ?
Elle raconte les pressions faites par le désormais maire de Clermont-Ferrand. Faire peur, intimider la presse pour tenter de la museler. Nous savions, ils savaient que nous n’avons jamais diffamé. Ruben était bien l’enfant d’une colistière de JP Brenas, il était bien modérateur de Saccage Clermont. Et devinez quoi ? Il apparaissait sur la liste de Julien Bony, et est désormais élu à la ville de Clermont-Ferrand. (Oui, vous lisez bien !)
Ce qui permet d’autant plus de montrer ce que nous révélions déjà : le lien entre ce jeune homme et la droite locale. Il suffisait juste de l’assumer il y a 16 mois !
Ce que révèle cette affaire, c’est que Julien Bony n’a pas eu peur de mentir éhontément chez nos confrères pour faire croire qu’une plainte pour diffamation avait été déposée. Nos avocats ont donc attendu puis se sont renseignés. Non, vraiment, 16 mois plus tard, nous vous le confirmons ici, nous n’avons jamais été poursuivis pour diffamation dans le cadre de cette affaire.
L’histoire raconte donc, qu’un homme est capable de faire semblant de déposer plainte pour diffamation, pour faire taire la presse qui ne lui plaît pas, qui dit une vérité qui le dérange.
Et maintenant, cet homme est devenu maire. Nous imaginons sensiblement que désormais sa stature l’oblige à changer, et à accepter les critiques, les révélations, les enquêtes qui seront nombreuses. Sera-t-il capable de mettre la pression aux journalistes pour que les faits qui ne lui plaisent pas ne soient pas publiés ? Nous sommes de nombreux journalistes locaux à nous inquiéter de la multiplication de procédure-baillons.
A Mediacoop, on se bat pour l’indépendance de la presse. Et nous dénonçons les manipulations hâtives.
Savez-vous, par exemple, que Julien Bony a adhéré à la fausse thèse de Saccage Clermont qui revient à dire que Mediacoop serait lié avec la municipalité actuelle ? Oui, vous lisez bien. La rumeur s’est propagée par Saccage Clermont que Mediacoop aurait des liens financiers avec la mairie de Clermont-Ferrand.
C’est exactement une Fake news. Et on vous l’explique. On part d’un fait réel : A notre création, une association Les Cigales, décide d’investir dans notre projet. Cette association est composée de plusieurs citoyens dont un certain Yannick Vigignol, alors inconnu dans le milieu clermontois. Nous sommes en 2015. Les Cigales nous prêtent un peu plus de 2000 euros, soit 200 euros par citoyen adhérent. La convention est rembourser au bout de 5 ans, une fois notre projet en marche. Nous signons cette convention avec les Cigales.
Une fake news véhiculée sur notre média
En 2020, alors que notre média a 5 ans, Yannick Vigignol est élu à la mairie de Clermont-Ferrand. La fake news est en marche avec un raccourci incroyable : Mediacoop a reçu de l’argent de Yannick Vigignol en 2015, et comme il est élu en 2020, Mediacoop appartient à la mairie.
Cette histoire nous sert d’exemple à chacun de nos ateliers d’éducation aux medias pour expliquer le mécanique d’une Fake News, et ne vous y trompez pas, ceux qui vous la racontent savent très bien qu’ils vous mentent et vous manipulent.
Ce n’est pas Julien Bony qui invente cette histoire, mais sans la vérifier, il la reprend.
Julien Bony, dans le communiqué de l’année dernière, la ressort par cette petite phrase « soutenu financièrement… », en sachant très bien la vérité. (Le communiqué est en fin d’article).Nous avons attendu des excuses qui ne sont jamais venues. Prendra-t-il ses responsabilités, maintenant qu’il est maire ? Prendra-t-il ses distances, lui et son équipe avec la page Saccage Clermont qui n’a de cesse de véhiculer, colères, haine, désinformation voire méthodes de harcèlement ? En effet, des membres de son équipe municipale ne se cachent pas de leur proximité avec ce réseau. En tant qu’édile de la ville, nous attendons de lui bien sûr plus de distance, de respect et de calme.
Mediacoop ne reçoit pas de subvention municipale
Enfin, en toute transparence, nous n’avons encore jamais reçu de subvention de la mairie, sous l’ère Bianchi. Jamais l’ancienne équipe municipale n’a financé notre fonctionnement jusqu’à présent. Et pourtant, nous trouverions cela normal puisque nous faisons partie du territoire et en sommes devenus un acteur incontournable. Mais, nous ne sommes pas une association, et ne pouvons bénéficier, contrairement à ce que raconte Saccage Clermont de subventions de fonctionnement. Nous aimerions bénéficier d’une aide ESS encore jamais perçue. (on ne désespère pas ! Et on fera les demandes même avec le nouveau maire ! On vous tiendra au courant.)
Nous n’avons donc aucun intérêt à soutenir ou défendre Olivier Bianchi, comme Saccage Clermont- l’a tellement répandu…. Nous avons juste un intérêt à défendre la liberté de la presse. Et en ces termes, le maire sortant ne nous a jamais poursuivis, jamais jeté en pâture et a toujours respecté notre ligne éditoriale, même quand elle n’allait pas dans son sens. Car, oui, nous n’avons jamais épargné Olivier Bianchi. Pas sur son physique, pas sur les travaux, mais sur son rapport aux syndicats, aux agents, au ccas, aux habitants, ou encore ICI ou Là ou encore ICI ou encore lorsque le Brin de Zinc a fermé. (Puis a ouvert de nouveau depuis, d’ailleurs.) Nous avons ainsi répertorié une trentaine d’articles qui dénoncent la politique du maire actuel dans nos colonnes. Sans que jamais, personne ne vienne nous mettre une quelconque pression.
Nous n’avons jamais épargné l’ancien maire, et ferons de même pour le nouveau.
De plus, nous n’avons jamais participé aux conférences de presse du maire, sauf celle qui annonce la fusion avec Marianne Maximi, la semaine dernière. Mais c’est la seule fois dans tout le mandat ! Et nous lui avons donné la parole qu’une seule fois : lors du Covid, une interview en visio. Nos pages sont là pour le prouver.
Alors quel avenir pour l’indépendance de l’information avec Julien Bony ? Mediacoop n’aura pas plus de sous avec certitude, mais pourrait ne plus pouvoir critiquer la municipalité sous risque de voir de nouveau des communiqués de presse infâmes et mensongers circuler sur notre media indépendant, petit, d’enquête et libre. Libre de révéler des informations qui dérangent. Et peu importe quel bord.
Nous aimerions aussi que le maire actuel clarifie sa position par rapport à la page Facebook Saccage Clermont, une page qui a été utilisée par ses colistiers et dont les actuelles insultes, désinformations n’ont été condamnée par le maire actuel. Il est important que le maire montre l’exemple et défende la liberté de la presse tout en rappelant les règles et devoirs de la liberté d’expression.
Défendre la liberté de la presse même quand elle ne va pas dans notre sens.
Quant à nous, sachez-le, nous ne changerons pas d’un pouce notre quête vers la vérité, nous continuerons à dire, quelque soit le bord politique et si de nouveau, nous devions subir des pressions, cette fois, nous ne nous laisserons plus faire, et derrière nous, de nombreux médias, journalistes sont prêts, car désormais la liberté de la presse est devenue l’un des derniers remparts dans une société qui dérive.
Condamner les outrages à la liberté d’expression.
Et pour raviver vos souvenirs, voici le communiqué de presse que la droite avait osé rendre publique sans jamais donner suite. Lorsque mon avocat a appris qu’aucune plainte pour diffamation n’avait été déposée, il avait hésité à poursuivre le groupe Les républicains pour « dénonciation calomnieuse. » Puis, il s’était ravisé en nous disant : « Un jour, vous écrirez un article pour raconter tout ça. »
